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Yôko Ogawa

Publié le par Nouvelles du silence


En 1975, à 13 ans, Yôko Ogawa a lu le Journal d'Anne Frank : «Avec ce livre, j'ai rencontré les mots. Et la cruauté. Celle de l'Holocauste, d'Hiroshima.».
On parle beaucoup à son sujet de fétichisme, d'obsession, de perversion : certes, son univers est parfois étrange, mais ce qui me semble le plus remarquable dans ses romans, c'est sa façon de poser des phrases comme des pattes de chevreuil, l'une après l'autre, pour décrire avec la plus grande délicatesse et la plus grande sobriété ce qui arrive à la solitude intérieure de ses personnages (des femmes et des adolescents pour la plupart), leurs égratignures intimes... Même dans les moments les plus ambigus ou les plus violents, une lumière douce est là toujours, une transparence, une absence de cloison qui fait que ni  lecteur ni monde ne  sont  jamais vraiment blessés; et qu'il nous reste après lecture longtemps dans l'esprit le souvenir d'avoir croisé sur notre chemin la poésie.

PS : J'exclus cependant de ce commentaire Hotel Iris, qui décrit une relation sado-masochiste, de façon trop réaliste et complaisante (je n'ai pas dit pornographique) pour ne pas choquer, entre une jeune fille et un vieil homme.

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