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Sylvain Tesson

Publié le par Nouvelles du silence

(en lui souhaitant un bon rétablissement après sa chute)

 


Voici l’évangile du voyageur : "Aime le lointain comme toi-même".
 

 

Cabane : radeau de sauvetage, sur terre.
 

 

C'est lorsqu'on prend un aller-retour qu'on fait les choses à moitié.
 

 

Beaucoup de gens s'enterrent chez eux sans envoyer de faire-part.
 

 

Dans le train: rêver par la fenêtre et laisser les pensées monter à bord.
 

 

Il est plus facile pour un fleuve que pour un homme de réussir en naissant dans le ruisseau.
 

 

Livres : il s'en passe de belles sous les couvertures.
 

 

Un homme heureux est quelqu'un qui ne perd rien pour attendre.
 

 

La poésie est la traduction dans le langage de tout ce que les choses pensaient pouvoir garder pour elles.
 

 

Ecrire ne fait de mal à personne (Phrase gravée au couteau sur ma peau.)
 

 

Village: Cent domiciles fixes.
 

 

L'avion, c'est du vol.
 

 

Je tiens mon journal de peur qu'il ne s'échappe.
 

 

La France: paradis de gens qui se croient en enfer.
 

 

Pour le solitaire, toute rencontre est une blessure.
 

 

L'espérance est une insulte à l'instant.

 

La ruée des peuples vers le laid fut le principal phénomène de la mondialisation. [...]
Le mauvais goût est le dénominateur commun de l'humanité.
   

 

Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l'or.
Sur une Terre surpeuplée, surchauffée, bruyante, une cabane forestière est l'eldorado.
 

 

Se sentir familier d'un lieu, c'est le début de la mort.
  

 

L'homme libre possède le temps. L'homme qui maîtrise l'espace est simplement puissant.
   

 

Tenir un journal féconde l'existence. Le rendez-vous quotidien devant la page blanche du journal contraint à prêter meilleure attention aux événements de la journée - à mieux écouter, à penser plus fort, à regarder plus intensément.
   

 

Un ermite ne menace pas la société des hommes. Tout juste en incarne-t-il la critique.
  

 

L'ermite ne s'oppose pas, il épouse un mode de vie. Il ne dénonce pas un mensonge, il cherche une vérité.
   

 

L'homme est un enfant capricieux qui croit que la Terre est sa chambre, les bêtes ses jouets, les arbres ses hochets.
  

 

Qu'est-ce que la société ? Le nom donné à ce faisceau de courants extérieurs qui pèsent sur le gouvernail de notre barque pour nous empêcher de la mener où bon nous semble.
   

 

Dans sa boulimie de production, la modernité crée des produits sans avenir. Le capitalisme c'est la réduction de l'intervalle entre le moment où l'on achète un objet et où on le remplace.
  

 

L'énergie humaine se nourrit de changement.
   

 

Dans une vie, le feu roulant de la nouveauté brise les chaînes de la monotonie et donne aux jours leur puissance.
   

 

Pour éprouver toute l'intensité du moment, il ne faut plus le rapporter à l'expérience du passé ou à l'espoir de l'avenir.
   

 

L'homme est un animal qui ne se résigne pas à le rester.
  

 

Le drame en Occident est plutôt l'occultation de la mort. Depuis que la population de l'Europe est devenue urbaine, c'est l'institution hospitalière qui recueille le dernier soupir du défunt et non plus ses proches.
  

 

Qui donne le meilleur reçoit le meilleur. Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences.

 

Nuage : Brioche que le soleil ne parvient pas à faire cuire.
 

 

Un vieil arbre voûté par les secrets que les oiseaux lui ont confié.
 

 

Ecume : Sueur de l’eau qui s’agite.
 

 

On dirait que les poules marchent sur des œufs.
 

 

Sous la pluie, le tilleul sent la tisane.
 

 

Les myrtilles sont des grelots que rend muets la peur d'être dévorés.
 

 

SOS chemins battus.
 

 

En vieillissant, la forêt sent le sapin.
 

 

Une ancolie chiffonnée qu’un myosotis l’ait oubliée.
 

 

Vers quelle cible sont pointées les flèches des cathédrales ?
 

 

Rivières : Hémorragie des montagnes.
 

 

Anticyclone : psychotrope atmosphérique guérissant de la dépression.
 

 

A quoi rêve l'eau qui dort ?
                

 

Un suicidaire qui cherche un rez-de-chaussée est un lâche.



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michel Chomienne 28/09/2014 11:47


merci de m'avoir fait découvrir cet écrivain il y a qqs années