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Sébastien Lapaque

Publié le par Nouvelles du silence

"Nos pères détruisirent joyeusement, parce qu'ils vivaient à une époque qui conservait quelques vestiges de la solidité du passé. C'était cela même qu'ils détruisaient qui donnait assez de force à la société pour qu'ils puissent détruire sans sentir l'édifice se disjoindre. Nous héritons de la destruction et de ses résultats. De nos jours, le monde appartient aux imbéciles, aux coeurs secs et aux agités.Le droit de vivre et de triompher s'acquiert aujourd'hui par les mêmes moyens que s'obtient un internement  à l'asile : l'incapacité de penser, l'amoralité et l'hyperexcitation."
( Fernando Pessoa,
d'après le Livre de l'Intranquillité )

J'extrais cette citation (y a-t-il en aussi peu de mots un meilleur commentaire à Mai 68 (entre autres) et ses séquelles?) d'un petit livre de quelqu'un que je connaissais pas du tout, même de nom : Sébastien Lapaque. Ca s'appelle Au hasard et souvent (Ed. Actes Sud), et je remercie mon ami Christian de me l'avoir fait découvrir.
Composé de courts textes sur des sujets variés et peu habituels (Saint Augustin, comment classer sa bibliothèque, l'affaire Orelsan (ici même dénoncée le 17/07/2009), les Contrerimes de P.J. Toulet, en passant par Lévy-strauss, Port royal, et la disparition des caissières de supermarché), le livre est tout entier axé sur la dénonciation du processus de dévastation en cours : "nous subissons la domination de la technique sur nos existences numérisées, l'effacement de la frontière entre le public et le privé, l'occupation militaire de nos vies intérieures et de nos silences".
Il est réconfortant de voir aujourd'hui quelqu'un de jeune (il est né en 1971) reprendre - toutes proportions gardées - le combat de Bernanos.

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