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Schubert, le Voyage d'hiver

Publié le par Nouvelles du silence

 

 

 


Evelina Pitti (Piano) - Cyril Rovery (Baryton)


" (...) les détresses du corps et de l'âme, la maladie, la solitude, il connaît; né pauvre et vilain, en plus on l'a humilié, dans sa personne et dans son génie. Vienne où il a passé sa vie ne l'a pas reconnu, ne l'a pas même joué, et ça continuera des dizaines d'années après sa mort (1).
Il avait bien de quoi devenir un de ces enfants humiliés de Bernanos, dont les revanches sont terribles. La sienne fut ( je ne trouve pas de mot plus juste) charité. Rien là de religieux, d'humanitaire encore moins: mais l'évidence surnaturelle du pardon, que même Mozart ne porte pas. Pardon des humbles: à la vie qui fait mal, aux autres, mieux lotis.
Absence d'envie, absolue; désintéressement amical: il n'y a guère à Aliocha Karamazov chez Dostoievsky qu'on connaisse cett innocence-là. Les deux ne savent que cela: faire grâce ; délier."

André Tubeuf,
Dictionnaire amoureux de la Musique 

(1) "Ce n'est qu'au milieu des années 1970 qu'un coffret Brendel a enfiin mis l'intégralité du piano adulte de Schubert à la portée de tous."

 

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