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Pierre Peuchmaurd

Publié le par Nouvelles du silence


On n’est jamais mieux asservi que par soi-même.
 
Dis-moi qui je suis, je te dirai qui tu es.
 
Il ne faut pas croire ce que l’on sait.


R.A.S. humanum est.
 
Au XVIIIe siècle, une émeute s’appelait encore une « émotion ».
 
C’est en renonçant qu’on devient ambitieux.
 
Le poète est un prédateur passif.
 
La notion d’anarchiste de droite n’a aucun sens. Celle de réactionnaire de gauche, oui.
 
Le temps est un espace en voie de disparition.
 
La bergère est un loup pour l’homme.
 
Si on ne me demande rien, je ne réponds pas.
 
Les lais de Marie de France sont beaux.
 
Les peintres vivent et travaillent. On est content pour eux.
 
A mon avis, je ne sais pas.
 
Dresser une lapalissade.
 
Il y en a qui croient à l’ennemi du diable.
 
Tari d’éloges.
 
Le monde appartient à ceux qui ne l’aiment pas.
 
Pour moi qui suis absolument matérialiste, il n’est pas douteux que ce que je fais, ce que font mes amis et les poètes que j’aime, toute question de « postérité » mise à part, constitue l’éternité, la constitue matériellement.
 
Tout le monde vit dans un autre monde.
 
L’amitié aussi a ses réseaux dormants.
 
Je préviens que je serai sévère pour mes juges.
 
Juste avant, l’instant d’apprêt.
 
Ne riez pas plus que moi : je lis Le Tasse au café.
 
Ce qui tombe sous le sens ne se relève jamais.
 
Les absents ont tort d’être aussi présents.
 
Pourquoi tellement se soucier du développement du râble ?
 
Le mensonge est une vérité qui attend son heure.
 
La mort de Jarry fut une patagonie.
 
Q cédille.
 
Il goutte des tombes.
 
Rien n’est plus rassurant qu’un phénomène sans cause.
 
Nécessité fait l’oie.
 
L’été, on en voit beaucoup qui sont très peu descendus du singe.
 
Si ce n’émoi, ce n’est donc pas toi.
 
Rimbaud, le Cuif errant.
 
Deux pies sur une vache.
 
Evitez les vétérinaires lacaniens.
 
La poésie est la science de ce que l’homme ne sait pas qu’il sait.
 
La démocratie directe est une affaire de grandes gueules, la démocratie indirecte une affaire de gros sous, et tous les autres régimes des affaires de gros bras.
 
Coucher par écrit.
 
Issa est le seul surréaliste belge japonais.
 
Le métacarpe est un poisson volant.
 
Moment : un petit monument.
 
Il n’y a vraiment aucune raison de conduire si l’on a pas bu. Pour aller où ?
 
Il faut toujours garder le pire pour la fin, puisque la fin peut toujours arriver avant le pire.
 
La poésie croît en amont.
 
Je suis toujours partant pour rester.
 
Devenir Sultan à la place de son chien.
 
Trouver un pied dans sa chaussure.
 
Le chien va jusqu’au bout de sa laisse. L’homme, pas toujours.
 
Une idée sombre, elle coule.
 
Un pluriel, des plus rien.
 
La révolution raye l’évolution.
 
Un animal libre est un animal bientôt mort.
 
La vacance dont j’ai besoin est l’exact contraire des vacances qu’il leur faut.
 
Le ciel chrétien, c’est mon plancher.
 
Les routes ne font que passer. Seules les impasses mènent quelque part.
 
Le trou du souffleur est un trou de mémoire.
 
Un temps numide est assez sec.
 
Si l’être existait, ce serait une odeur inflammable.
 
Ce n’est pas vrai que les poètes refusent de porter les armes, mais ils ne tirent que sur le temps et la mort.
 
Mon pesant dort.
 
Que de poussière s’élève de moi lorsque je tends les bras dans le soleil !
 
 

Pierre Peuchmaurd
Fatigues
Aphorismes complets,
édités récemment par L’Oie de Cravan.

Il est mort d’un cancer à 61 ans l’année dernière .

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