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Peter Handke (3)

Publié le par Nouvelles du silence

 

Je sais que les actions de tous les jours - la serveuse qui rince les verres, l'enfant qui si précautionneux porte les deux verres d'eau à sa mère -, je sais qu'elles sont saintes, et pourtant je peux en saisir si peu, de ces gestes là
                                                                             
Les enfants comme poètes : ils sont là, tendent la main sous la pluie, et c'est leur poème


"Je ne reverrai jamais cet inconnu". - Cela te préoccupe? - Non, cela m'étonne. Dans l'enfance déjà cela m'étonnait, qu'une personne qui était assise devant moi dans l'autocar descende et que je ne la revoie plus jamais

A l'aveugle dans la rue on dessina le chemin au creux de sa main


Pour se déprendre du souci, il faudrait une religion : la raison comme la critique ne peuvent rien pour lui

Il est impossible de devenir un "voyageur expérimenté"; méfie-toi de ceux qui le prétendent

"Un poète - c'est ainsi que je me le figure - incarne le merveilleux en l'homme. - Mais il n'y a plus de poètes. - Et pourquoi non? - Tout le monde le sait"

Où est-elle, aujourd'hui, dans la brûme, l'écriture des arbres? La voici, plus faible qu'à l'ordinaire, mais bien là, et, à mesure que je transporte, que je lève les yeux vers elle, bientôt aussi puissante qu'à l'ordinaire, délivrant à mon intériorité un "certificat de guérison"


Loué qui sait entendre une musique dans l'aboi des chiens


Je ne suis certes pas un chanteur, mais je me sens plus du côté des chanteurs que des poètes (Van Morrison, Neil Young, Bob Dylan, John Fogerty...)

"Le fruit de la marche, du silence et de la lenteur, voilà ce que devrait être un livre!" me suis-je dit à l'instant (...)

La culture ne t'a servi de rien tant qu'elle ne t'a pas mené à la patience et à l'indulgence

Flamenco, le chant du mouvement du monde (...)

L'une des apparitions les plus intenses qui soient est le passage, la dérive, le tournoiement des feuilles, brindilles, spores, plumes d'oiseau, pointes d'herbes dans les flaques des chemins de campagne, oblongues, souvent en forme de barque, - une circonscription du silence


Seuil dans l'année : première fois que je crache des noyaux de cerise (30 mai, Brazzano)


Comment fêter le silence? (Car il demande à être fêté)


Se séparer du vert d'un jardin : c'est bel et bien à chaque fois une séparation, et douloureuse


Ce que j'aurais tout de même réussi jusqu'à présent : pas la moindre trace d'une vision du monde


Le poétique est désormais indésirable pour les interessés, aussi, usant par force de "moyens déloyaux", on le rejette. Mais nous autres - oui, nous autres - nous n'en démordrons pas : ne démordrons pas du poétique, percée vers le divin



(Hier en chemin, Carnets, Novembre 1987 - juillet 1990 : la suite (réussie) du projet énoncé dans l'Histoire du crayon :
"Une épopée faite de haïkus, mais qu'on ne remarquerait nullement en tant qu'objets isolés, sans action, sans intrigue, sans drame, et qui pourtant raconterait : c'est ce que j'entrevois comme le but suprême"
...et toujours pas de point à la fin des phrases/poèmes/pensées/ (?)

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d'Abrigeon Jean-Louis 02/07/2013 11:32


Bonjour !


Haïjin* depuis plus de 20 ans, je viens d'acquérir le livre EXTRAORDINAIRE de Peter Handke "Hier en chemin" / Carnets, novembre 1987-juillet 1990 / Verdier


Du Vrai Bonheur ce livre, chaque page recelle une mine de trésors !


A faire lire et relire sans modération !


"J'écris pour ouvrir le regard" / Le Monde 5/05/2006 / Avec Emilie Grangeray


 


 


Jean-Louis d'Abrigeon / 07200 Aubenas


* Lauréat en 2005 du 9TH Mainichi Haïku Contest, dans la section internationale.