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Le grand Fernand Deligny

Publié le par Nouvelles du silence

 

Fernand Deligny, né le 7 novembre 1913 à Bergues (Nord) et mort le 18 septembre 1996 à Monoblet (Gard), est un éducateur français, une des références majeures de l'éducation spécialisée. Il a été un opposant farouche de la prise en charge classique des enfants difficiles (délinquants) et des enfants avec autisme. Son expérience avec ces enfants est à l'origine des lieux alternatifs de l'éducation spécialisée que l'on regroupe sous le vocable générique de lieu de vie.

Ancien Instituteur, Il commence à travailler avec des enfants «à problèmes» (troubles mentaux ou délinquants). Il écrit alors quelques livres qui font encore parler d'eux aujourd'hui : Graine de crapule, conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver (1945), Les vagabonds efficaces. Influencé par les nouvelles pédagogies (et en particulier par les idées de Freinet), il promeut des méthodes pédagogiques rejetant les formes institutionnalisés pour mettre les jeunes en situation, en confrontation avec le réel.

À partir des années 1960, il travaille à la Clinique de La Borde et c'est de là qu'il part pour les Cévennes à Monoblet, vivre avec des jeunes autistes. C'est auprès d'eux qu'il commence à parler des lignes d'erre, ces circulations de ces jeunes dans leur espace de vie et des chevêtres, ces nœuds par lesquels passent sans cesse les autistes. En 1973 avec Renault Victor il fait le film Ce gamin, là qui relate la vie communautaire avec Janmari enfant autiste qui vit avec lui. Ce film va marquer les milieux éducatifs favorables à une éducation alternative et les milieux politiques libertaires.

Il collabore notamment avec le centre créé par Maud Mannoni à Bonneuil-sur-Marne. Fernand Deligny et Maud Mannoni, par leurs démarches initiatrices des premiers Lieux de vie, vont devenir des références emblématiques pour l'ensemble du mouvement des Lieux de Vie et d'Accueil.

Fernand Deligny a été lu de près, en dehors du milieu éducatif, notamment par Gilles Deleuze.

(Wikipédia)

 

Citations :

 

 « Quand on se met du côté des délinquants, des fous, des lycéens, la justice, l'école, l'asile, ont une drôle de gueule ; eh bien, de la même façon, quand on se met du côté des mutiques, c'est le langage qui a une drôle de gueule.  »

 

« Et si au lieu de leur apprendre à parler, nous apprenions à nous taire ?"

 

« Quand tu auras passé trente ans de ta vie à mettre au point de subtiles méthodes psycho-pédiatriques, médico-pédagogiques, psychanalo-pédotechniques, à la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discrètement faire sauter quelques pâtés de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu'en trente ans. »

 

« Si tu joues au policier, ils joueront aux bandits.

Si tu joues au bon Dieu, ils joueront aux diables.

Si tu joues au geôlier, ils joueront aux prisonniers.

Si tu es toi-même, ils seront bien embêtés. » 


« Tout effort de rééducation non soutenu par une recherche et une révolte sent par trop rapidement le linge de gâteux ou l’eau bénite croupie. Ce que nous voulons pour ces gosses, c’est leur apprendre à vivre, pas à mourir. Les aider, pas les aimer. » 

 

« Tu te dis :

« Je vais remplacer leur père et leur mère ».

Ce qui n’est pas une raison pour te saoûler tous les jours. » 

 

« Méfie toi : celui qui se montre, c’est qu’il a envie de se faire voir, donc de se cacher. » 

 

« Lorsque tout marche bien, il est grand temps d’entreprendre autre chose. » 

 

« Ce soir, ils te sont étrangers et sont étrangers les uns aux autres ; l’atmosphère est grise : des grumeaux dans un liquide sale ; tout est raté.

Et tu passes ta nuit avec ce poids sur le cœur, complètement dégoûté d’eux.

Le lendemain matin, tu les trouves frais et réussis comme une pâtisserie bien faite. » 

 

« Si tu as pitié, change de métier. » 

 

« Ne te laisse pas aller jusqu’à dire :

- Oh ! Jean, tu as fait ça… comme tu me fais de la peine…

Si ça n’est pas vrai, Jean va bien s’en apercevoir.

Et si c’est vrai, tu risques de faire s’accélérer le rythme des délits, ne serait-ce que pour faire de la peine.

Car voilà un plaisir dont Jean est privé depuis qu’il a quitté ses parents. » 

 

« T’interdire de punir t’obligera à les occuper.

Dis-toi bien que l’éducation commencera le jour où l’atmosphère sera complètement débarrassée du moindre miasme de « sanction ».

Et les plus difficiles à désinfecter seront peut-être les enfants. » 

 

« Ton refrain doit être :

« A quoi allons-nous jouer ? ». 

 

« T… est brutal et entêté.

Ne te hâte pas de lui ôter ces griffes.

Elles sont peut-être ses seules qualités. » 

 

« P… est menteur, H… est insolent, Z… est taquin. Et F… qui n’est rien du tout, qu’allons-nous en faire ? » 

 

« Il y a les défauts utiles et ceux qui le sont moins. » 

 

« Autour d’un immense jardin où des enfants jouaient dans l’herbe haute et les taillis mystérieux, quelqu’un mit une barrière.

Le premier enfant qui la vit appela les autres qui, cessant tout jeu, vinrent regarder à travers les barreaux le reste du monde dont ils ne se souciaient guère la veille.

Et le mystère et le plaisir passèrent, désormais inaccessibles, dans le jardin voisin.

Autrement dit : évite les interdits, sous peine de voir ton troupeau s’y précipiter et franchir à plaisir les barrières nouvelles. » (p. 59)

 

« Garde-les vivants. Si la vie pour eux, c’est voler, c’est taquiner, c’est démolir, cherche tout simplement à ces verbes des compléments directs ou indirects qui feront insensiblement dériver leur force dans des actes avouables et utiles. » 

 

« Il était un âne, adulte depuis quelques années et maître d’école de son métier, qui battait souvent les jeunes agneaux parce que leurs oreilles ne poussaient pas assez vite.

A côté de lui un vieux géranium apprenait à de jeunes bleuets comment ils devaient rougir.

Attelé au même travail un vieux merle enseignait à de jeunes chouettes les secrets du bien-chanter.

Et ce Centre de rééducation était célèbre dans le monde entier pour l’excellence de ses méthodes, sinon pour l’efficacité des résultats obtenus. »

 

« Il y a trois fils qu’il faudrait tisser ensemble : l’individuel, le familial, le social. Mais le familial est un peu pourri. Le social est plein de nœuds.

Alors on tisse l’individuel seulement.

Et l’on s’étonne de n’avoir fait que de l’ouvrage de dame, artificiel et fragile. » 


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