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Jean Baudrillard

Publié le par Nouvelles du silence


A Freud : celui qui fit du plaisir un principe.
A Lacan : celui qui fit du miroir un stade.

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Nous devenons comme les chats, d'un parasitisme narquois, d'une domesticité indifférente.Bien au chaud dans le social, nos passions historiques se sont repliées dans la lueur d'une intimité artificielle et nos yeux mi-clos ne guettent plus que le défilé pacifique des images télévisuelles.

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L'eau en poudre : il suffit de rajouter de l'eau pour obtenir de l'eau.

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Il est difficile de remédier à notre propre tristesse parce que nous en sommes complices. Il est difficile de remédier à celle des autres parce que nous en sommes captifs.

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Ils avaient pris une si bonne assurance que lorsque leur maison de campagne a brûlé, ils ont pu en reconstruire une plus ancienne que l'autre.

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Au coeur de l'orgie, un homme murmure à l'oreille de la femme : What are you doing after the orgy?

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La profondeur n'est plus ce qu'elle était. Car si le XIXe siècle a vu un long travail de destruction des apparences au profit du sens, il a été suivi, au XXe, d'un aussi gigantesque travail de destruction du sens...au profit de quoi? Nous ne jouissons plus ni des apparences ni du sens.

                                                   *
   Cancer : le code se détraque, se désorganise, laisse proliférer les cellules indifférentes. Maladie de l'information.
   Sida : levée des immunités (des défenses secrètes du corps). Hantise de la contiguïté, des flux (sperme, sang, salive), du contact. Maladie de la communication.(...)

                                                    *
John grandit normalement, mais il ne parle pas, au grand désespoir de ses parents. Vers l'âge de seize ans, il dit enfin, à l'heure du thé : "J'aimerais bien un peu de sucre." Sa mère émerveillée : " Mais, John, pourquoi n'as tu rien dit jusqu'ici?".
- Jusqu'ici, tout était parfait. (...)

                                                  
(Extrait de Cool Memories 1980-1990)

 

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