Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pierre-Jean Jouve (Anniversaire 14)

Publié le par Nouvelles du silence

                                                                    

                                                                      "Nous chantons d'un coeur las une étoile parfaite
                                                                       Qui nous fait signe à travers l'épaisseur de pierre".
                                                                                            (La Vierge de Paris)


Né le 11 octobre 1887, Pierre-Jean Jouve est sans doute un des plus grands et des plus ignorés poètes français du XXéme siecle...Une grande oeuvre en vers, et une grande oeuvre en prose (dont plusieurs écrits sur la musique), ce qui est rare... Encore plus rare, la place importante qu'y tient le désir de la femme, l'amour charnel, la sexualité spriritualisée (pas envie de dire "érotisme").
On pense tout de suite à un Baudelaire moderne qui aurait expérimenté Freud (Blanche, la femme de Jouve, fut une des premières psychanalystes françaises), lu Rilke et les surréalistes, écouté Berg et Webern, et traversé l'horreur de deux guerres mondiales.
Son premier roman, Paulina 1880, fut mis en film avec justesse en 1971 par Jean Louis Bertuccelli (celui qui a tourné entre autres Remparts d'argile). Le film est hélas introuvable, mais on se doit de lire le roman, ainsi que Le monde désert, son deuxième roman, peut-être encore plus beau, pendant qu'ils sont encore trouvables... Et, évidemment, les poèmes :



"Ah! le poète écrit pour le vide des cieux
Pur bleu que l´hiver ne parvient plus à voir ! il écrit dans la conjuration des silences de neige
Des étouffements de fêtes fallacieuses ! et dans le manque, et dans la matité, chacune de ses lignes est comme s´il n´était pas (et son fin personnage, habillé aux lumières, est comme s´il n´était pas),
Et seul dans la conjuration secrète et admirable, regardez-le plaider pour ses amours bizarres
Quand nul n´osa pour lui le courage d´amour :

Alors sur la rive noire des vents fabuleux et des sommeils d´algues, et sous le poids très doux des tempêtes de brume,
Il enferme le mot dans la bouteille verte,
Cloches de désespoir et d´horribles engrumes !
Il jette à la vague supérieure une bouteille sans action, sans force et sans direction qui atteindra le plan d´amour
Un jour, hors de beauté, hors de gloire, hors de jour."
(Langue)






Commenter cet article