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Peter Handke

Publié le par Nouvelles du silence

 

Je sais que les actions de tous les jours - la serveuse qui rince les verres, l'enfant qui si précautionneux porte les deux verres d'eau à sa mère -, je sais qu'elles sont saintes, et pourtant je peux en saisir si peu, de ces gestes là

 

Les enfants comme poètes : ils sont là, tendent la main sous la pluie, et c'est leur poème



Ne peut-on pas dire, au lieu de « plus riche d’une expérience », parfois : « plus pauvre d’une expérience » ?
 

 

"Je ne reverrai jamais cet inconnu". - Cela te préoccupe? - Non, cela m'étonne. Dans l'enfance déjà cela m'étonnait, qu'une personne qui était assise devant moi dans l'autocar descende et que je ne la revoie plus jamais

 

A l'aveugle dans la rue on dessina le chemin au creux de sa main

 

Pour se déprendre du souci, il faudrait une religion : la raison comme la critique ne peuvent rien pour lui

 

L’avidité des ascètes : particulièrement nette
 

 

L’œuvre d’art, la gifle de vie douce (« claque » vers la vie) (il ne faut pas toujours que ce soit  « la hache qui brise la mer gelée en nous »)

 

Il est impossible de devenir un "voyageur expérimenté"; méfie-toi de ceux qui le prétendent

 

Seuil dans l'année : première fois que je crache des noyaux de cerise (30 mai, Brazzano)

 

Rappelle-toi toujours que ton événement historique est le génocide des Juifs (en apercevant les creux du genou d’un enfant aux jambes fines comme des asperges à Clermont-Ferrand, 7 août 1988, soir)

 

Ce que j'aurais tout de même réussi jusqu'à présent : pas la moindre trace d'une vision du monde

 

Comment fêter le silence? (Car il demande à être fêté)

 

Loué qui sait entendre une musique dans l'aboi des chiens

 

« Je suis ton enfant », voudrait-on dire parfois. Mais à qui ?


Je ne suis certes pas un chanteur, mais je me sens plus du côté des chanteurs que des poètes (Van Morrison, Neil Young, Bob Dylan, John Fogerty...)

 

Et si aimer, c’était simplement se réjouir de l’autre ?
 

La culture ne t'a servi de rien tant qu'elle ne t'a pas mené à la patience et à l'indulgence

 

Flamenco, le chant du mouvement du monde (...)

 

Habitant du silence – « combien d’habitants a le silence ? » 
 

La colère est une forme d’amour (j’y tiens)

 

Ceux-qui-sont-dans-la douleur sont des porteurs ; visiblement ils portent quelque chose (et pas seulement « le poids » de quelque chose) (dans l’avion pour Anchorage, nuit)


Un corbeau passait en criant, dans son bec grand ouvert le bleu du ciel (Tokyo, midi)

 

L’Atlantide de la joie n’émerge que sporadiquement et s’engloutit aussitôt

 

Se séparer du vert d'un jardin : c'est bel et bien à chaque fois une séparation, et douloureuse

 

Il faudrait aux gens de « puissants stimulants » ? Mais la quiétude n’est-elle pas le plus puissant des stimulants ?

 

Etre-en-plein-dans-le-monde n’est pas dans ma nature ; aussi c’est toujours un événement pour moi quand je le suis malgré tout ; et comment y suis-je parvenu en règle générale ? Par la patience. La patience, voilà. Les actes de la patience, voilà (le soleil sur le bitume devant la gare de Gemona)
 

En plus de l’incapacité d’aimer (qui n’existe peut-être même pas ?), il est une autre incapacité qui elle existe sûrement : l’incapacité d’être aimé

 

Un mot sans vrai pluriel : « joie » - il n’y a pas de « joies », seulement « la joie »

 

La question de Dieu en moi : « pourquoi n’es tu pas là ? »

 

Les sensibles, vous, moi, quand ils ne parviennent pas à se maintenir ouverts et, grâce aussi à la sensibilité, à s’élargir, courent alors le risque, en vieillissant, de devenir méchants ?
 

Rien qui retienne la vie comme la lecture ; Lis ! Lecture, barrage (usine) de retenue

 

L'une des apparitions les plus intenses qui soient est le passage, la dérive, le tournoiement des feuilles, brindilles, spores, plumes d'oiseau, pointes d'herbes dans les flaques des chemins de campagne, oblongues, souvent en forme de barque, - une circonscription du silence

 

Où est-elle, aujourd'hui, dans la brume, l'écriture des arbres? La voici, plus faible qu'à l'ordinaire, mais bien là, et, à mesure que je transporte, que je lève les yeux vers elle, bientôt aussi puissante qu'à l'ordinaire, délivrant à mon intériorité un "certificat de guérison"
 

Mon peu de joie s’efface souvent parce que je recherche une joie plus grande ou plus importante ; et pourtant ce « peu de joie » était déjà la joie toute entière (dans le train pour  Nancy)


(Hier  en chemin)

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