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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 04:34


Extraits des Carnets de Saint-Just,que Mediapart (ou un blogueur sur le site) présente ainsi:
"Difficile de trouver les mots pour décrire cet idéal de vie en société, tout imprégné d'intransigeance et de bienveillance, de simplicité et d'adhésion à des valeurs traditionnelles."

On croit rêver :
https://blogs.mediapart.fr/samuel/blog/170711/saint-just-et-les-valeurs-traditionnelles

 

...Mais René Char ne nous avait-il pas déjà appris, en 1948, dans le bandeau de Fureur et Mystère (Pléiade, Recherche de la base et du sommet, p.653), que "le poète passe par tous les degrés solitaires d'une gloire collective dont il est, de bonne guerre, exclu.C'est la condition pour sentir et dire juste. Quand il parvient génialement à l'incandescence et à l'inaltéré (Eschyle, Lao-Tseu, les présocratiques grecs, Thérèse d'Avila, Shakespeare, Saint-Just, Rimbaud, Hölderlin, Nietzsche, Van Gogh, Melville), il obtient le résultat que l'on connait."

Heureusement (ou malheureusement?) que le ridicule ne tue pas.
 


Education

Les enfants appartiennent à leur mère jusqu'à cinq ans, si elle les a nourris, et à la république ensuite, jusqu'à la mort.
La mère qui n'a point nourri son enfant a cessé d'être mère aux yeux de la patrie. Elle et son époux doivent se représenter devant le magistrat pour y répé­ter leur engagement, ou leur union n'a plus d'effets civils.
L'enfant, le citoyen, appartiennent à la patrie. L'instruction commune est nécessaire. La discipline de l'enfance est rigoureuse.
On élève les enfants dans l'amour du silence et le mépris des rhéteurs. Ils sont formés au laconisme du langage. On doit leur interdire les jeux où ils décla­ment, et les accoutumer à la vérité simple. Les enfants ne jouent que des jeux d'orgueil et d'intérêt ; il ne leur faut que des exercices.
Les enfants mâles sont élevés, depuis cinq jusqu'à seize ans, par la patrie.
Il y a des écoles pour les enfants depuis cinq ans jusqu'à dix. Elles sont à la campagne. Il y en a dans chaque section et une dans chaque canton.
Il a des écoles pour les enfants depuis dix jusqu'à seize ans. Il y en a une dans chaque section et une dans chaque canton.
Les enfants, depuis cinq ans jusqu'à dix, apprennent à lire, à écrire, à nager.
On ne peut frapper ni caresser les enfants. On leur apprend le bien, on les laisse à la nature.
Celui qui frappe un enfant est banni.
Les enfants sont vêtus de toile dans toutes les saisons. Ils couchent sur des nattes et dorment huit heures.
Ils sont nourris en commun et ne vivent que de racines, de fruits, de légumes, de laitage, de pain et d'eau.
Les instituteurs des enfants, depuis cinq ans jusqu'à dix, ne peuvent avoir moins de soixante ans, et sont élus par le peuple parmi ceux qui ont obtenu l'écharpe de la vieillesse.
L'éducation des enfants, depuis dix jusqu'à seize ans, est militaire et agricole.
Ils sont distribués en compagnies de soixante. Six compagnies forment un bataillon. Les instituteurs nomment, tous les mois, le chef parmi ceux qui se sont le mieux conduits.
Les enfants d'un district forment une légion. Ils s'assemblent tous les ans, au chef-lieu, le jour de la fête de la jeunesse. Ils y campent et y .font tous les exercices de l'infanterie, dans des arènes préparées exprès.
Ils apprennent aussi les manœuvres de la cavalerie et toutes les évolutions militaires.
Ils apprennent les langues.
Ils sont distribués aux laboureurs, dans le temps des moissons.
Depuis seize jusqu'à vingt et un ans, ils entrent dans les arts et choisissent une profession qu'ils exercent chez les laboureurs, dans les manufactures, ou sur les navires.
Tous les enfants conserveront le même costume jusqu'à seize ans ; depuis seize jusqu'à vingt et un ans, ils auront le costume d'ouvrier ; depuis vingt et un jusqu'à vingt-cinq, celui de soldat, s'ils ne sont point magistrats.
Ils ne peuvent prendre le costume des arts qu'après avoir traversé, aux yeux du peuple, un fleuve à la nage, le jour de la fête de la jeunesse.
Depuis vingt et un ans jusqu'à vingt-cinq, les citoyens non magistrats entre­ront dans la milice nationale, mariés ou non.
Les instituteurs des enfants, jusqu'à seize ans, sont choisis par les directoires des districts, et confirmés par la commission générale des arts nommée par le gouvernement.
Les laboureurs, les manufacturiers, les artisans, les négociants sont institu­teurs.
Les jeunes hommes de seize ans sont tenus de rester chez les instituteurs jusqu'à vingt et un ans, à peine d'être privés du droit de citoyen pendant leur vie.
Il y a, dans chaque district, une commission particulière des arts, qui sera consultée par les instituteurs et donnera des leçons publiques.
Les écoles seront dotées d'une partie des biens nationaux.
Ce serait peut-être une sorte d'instruction propre aux Français, que des sociétés d'enfants, présidées par un magistrat qui indiquerait les sujets à traiter et dirigerait les discussions, de manière à former le sens, l'âme, l'esprit et le cœur.
Les filles sont élevées dans la maison maternelle.
Dans les jours de fête, une vierge ne peut paraître en public, après dix ans, sans sa mère, son père, ou son tuteur.


Le lien d'amitié
Tout homme âgé de vingt et un ans est tenu de déclarer dans le temple quels sont ses amis. Cette déclaration doit être renouvelée, tous les ans, pendant le mois de ventôse.
Si un homme quitte un ami, il est tenu d'en expliquer les motifs devant le peuple dans les temples, sur l'appel d'un citoyen ou du plus vieux ; s'il le refuse, il est banni.
Les amis ne peuvent écrire leurs engagements ; ils ne peuvent plaider entre eux.
Les amis sont placés les uns près des autres dans les combats.
Ceux qui sont restés unis toute leur vie sont renfermés dans le même tombeau.
Les amis porteront le deuil l'un de l'autre.
Le peuple élira les tuteurs des enfants parmi les amis de leur père.
Si un homme commet un crime, ses amis sont bannis.
Les amis creusent la tombe, préparent les obsèques l'un de l'autre ; ils sèment les fleurs avec les enfants sur la sépulture.
Celui qui dit qu'il ne croit pas à l'amitié, ou qui n'a point d'amis, est banni.
Un homme convaincu d'ingratitude est banni.


Le mariage
L'homme et la femme qui s'aiment sont époux. S'ils n'ont point d'enfants, ils peuvent tenir leur engage­ment secret ; mais si l'épouse devient grosse, ils sont tenus de déclarer au magistrat qu'ils sont époux.
Nul ne peut troubler l'inclination de son enfant, quelle que soit sa fortune.
Il n'y a de communauté qu'entre les époux : ce qu'ils apportent, ce qu'ils acquièrent, entre dans la communauté. Ils ne s'unissent point par un contrat, mais par tendresse ; l'acte de leur union ne constate que leurs biens mis en commun sans aucune clause.
S'ils se séparent, la moitié de la communauté leur appartient ; ils la partagent également entre eux.
L'autre moitié appartient aux enfants ; s'il n'y a point d'enfants, elle appartient au domaine public.
Les époux sont tenus de faire annoncer leur divorce trois mois avant dans le temple.
À l'instant, l'officier public fait nommer des tuteurs aux enfants. La commu­nauté doit être divisée et les partages faits avant le divorce.
Le peuple nomme, dans les temples, un tuteur aux enfants des époux séparés.
Tout engagement pris séparément par les époux est nul.
Les dettes de la communauté sont payées sur la portion des époux s'ils se séparent. Si l'un des deux époux meurt, les dettes sont payées en commun par les enfants et par celui des époux qui survit.
Les époux qui n'ont point eu d'enfants pendant les sept premières années de leur union, et qui n'en ont point adopté, sont séparés par la loi et doivent se quit­ter.


Les fêtes
Le peuple français reconnaît l'Être suprême et l'immortalité de l'âme. Les premiers jours de tous les mois sont consacrés à l'Éternel.
Tous les cultes sont également permis et protégés. Mais, dans aucun des engagements civils, les considérations de culte ne sont permises, et tout acte où il est parlé de culte est nul.
Les temples publics sont ouverts à tous les cultes.
Les rites extérieurs sont défendus ; les rites intérieurs ne peuvent être troublés.
Le prêtre d'aucun culte ne peut paraître en public avec ses attributs, sous peine de bannissement.
L'encens fumera jour et nuit dans les temples publics et sera entretenu tour à tour, pendant vingt-quatre heures, par les vieillards âgés de soixante ans.
Les temples ne peuvent être fermés.
Le peuple français voue sa fortune et ses enfants à l'Éternel.
L'âme immortelle de ceux qui sont morts pour la patrie, de ceux qui ont été bons citoyens, qui ont chéri leur père et leur mère et ne les ont jamais abandon­nés est le sein de l'Éternel.
L'hymne à l'Éternel est chanté par le peuple, tous les matins, dans les temples ; toutes les fêtes publiques commencent par elle.
Les lois générales sont proclamées solennellement dans les temples.
Le premier jour du mois germinal, la république célébrera la fête de la Divinité, de la nature et du peuple.
Le premier jour du mois floréal, la fête de la Divinité et de la victoire.
Le premier jour du mois messidor, la fête de la Divinité et de l'adoption.
Le premier jour du mois thermidor, la fête de la Divinité et de la jeunesse.
Le premier jour du mois fructidor, la fête de la Divinité et du bonheur.
Le premier jour du mois vendémiaire, la république célébrera dans les temples la fête de la Divinité et de la vieillesse.
Le premier jour du mois brumaire, la fête de la Divinité et de l'âme immortelle.
Le premier jour du mois frimaire, la fête de la Divinité et de la sagesse.
Le premier jour du mois nivôse, la fête de la Divinité et de la patrie.
Le premier jour du mois pluviôse, la fête de la Divinité et du travail.
Le premier jour du mois ventôse, la fête de la Divinité et des amis.
Tous les ans, le 1er floréal, le peuple de chaque commune choisira, parmi ceux de la commune exclusivement et dans les temples, un jeune homme riche, vertueux et sans difformité, âgé de vingt et un ans accomplis et de moins de trente, qui choisira et épousera une vierge pauvre, en mémoire de l'égalité humaine.
Il y aura des lycées qui distribueront des prix d'éloquence.
Le concours pour le prix d'éloquence n'aura jamais lieu par des discours d'apparat. Le prix d'éloquence sera donné au laconisme, à celui qui aura proféré une parole sublime dans un péril ; qui, par une harangue sage, aura sauvé la patrie, rappelé le peuple aux mœurs, rallié les soldats.
Le prix de la poésie ne sera donné qu'à l'ode et à l'épopée.


Les anciens.
Les hommes qui auront toujours vécu sans reproche porteront une écharpe blanche à soixante ans. Ils se présenteront à cet effet dans le temple, le jour de la fête de la vieillesse, au jugement de leurs concitoyens ; et, si personne ne les accuse, ils prendront l'écharpe.
Le respect de la vieillesse est un culte dans notre patrie. Un homme de l'écharpe blanche ne peut être condamné qu'à l'exil.
Les vieillards qui portent l'écharpe blanche doivent censurer, dans les temples, la vie privée des fonctionnaires et des jeunes hommes qui ont moins de vingt et un ans.
Le plus vieux d'une commune est tenu de se montrer dans le temple tous les dix jours, et d'exprimer son opinion sur la conduite des fonctionnaires.
Les citoyens s'assemblent dans les temples pour y examiner la vie privée des fonctionnaires et des jeunes hommes au-dessous de vingt et un ans ; pour y rendre compte de l'emploi de leur revenu, pour y déclarer leurs amis. C'est le plus âgé qui préside. On ne peut discourir longuement ; on ne peut déclamer ; on doit déclarer les faits précis, nus, par respect pour le lieu où l'on est et par respect pour l'égalité.
Celui qui frapperait ou injurierait quelqu'un dans les temples serait puni de mort.
Ceux qui ne sont pas membres du souverain se retirent des temples avant que l'on vote.
On n'écrit point ce qui se passe dans les temples.
Les fonctionnaires accusés dans les temples par les vieillards n'y peuvent parler ; mais leur réponse, écrite par eux-mêmes, est lue avec décence par un de leurs amis ; et, sans discussion, le peuple prononce si le renvoi devant les tribunaux criminels aura lieu ou non. S'ils sont convaincus de mauvaise vie, ils sont bannis.
Tout ce qui tendrait à rendre leurs mœurs féroces ou molles doit être censuré dans les temples ; mais on n'y doit nommer ni censurer personne qui ne soit revêtu de l'autorité, ou qui ne soit âgé de vingt et un ans.
Les femmes ne peuvent être censurées.
Celui qui censurerait nominativement quelqu'un, hors les cas prescrits par la loi, serait banni sur la demande de la personne intéressée devant les tribunaux.

Les funérailles.
Les funérailles des citoyens sont solennelles et accompagnées d'un magistrat.
Les rites des différents cultes seront respectés.
Il y a un petit champ donné à chaque famille pour les sépultures.
Les cimetières sont de riants paysages ; les tombes seront couvertes de fleurs, semées tous les ans par l'enfance.
Les enfants sans reproche placent au-dessus de la porte de leur maison l'image de leur père et de leur mère.
Il faut que le respect des morts soit un culte, et qu'on croie que les martyrs de la liberté sont les génies tutélaires du peuple, et que l'immortalité attend ceux qui les imitent.
Celui qui outrage les sépultures est banni.

Etc, etc...

Pour continuer à rire, et pour ceux que ça intéresse, lisez le chapitre 2 de la première partie d' Improvisations de  Sollers, "pour célébrer la vraie Révolution française".

 

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 05:40

 


 
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 04:24

 
Thierry Vernet s’est éteint au soir du 1er octobre 1993, à l’âge de 66 ans, des suites d’un cancer. Genevois d’origine, Thierry Vernet avait été le compagnon de route de Nicolas Bouvier durant le long périple que celui-ci évoque dans L’Usage du monde, précisément illustré par Vernet.
A part son œuvre peint, Thierry Vernet a laissé des carnets, tenus entre sa trente-troisième année et les derniers jours de sa vie, qui constituent une somme de notations souvent pénétrantes sur l’art et la vie.

« La beauté est ce qui abolit le temps »

« Je ne sais pas qui je suis, mais mes tableaux, eux, le savent ».

« Mille distractions nous sollicitent. La radio, le bruit, le cinéma, les journaux. Autrefois on devait être face à face avec son démon, on devait patiemment élucider son mystère. Maintenant, vite, entre deux distractions, on doit tout dire, avec brio, faire son œuvre en coup de vent. A moins… à moins de résister aux distractions ».

« L’Art commence quand, après une longue et patiente partie d’échecs, d’un coup de genou sous la table on fait tout valser ».
 
« D’heureux malgré le doute, arriver à être heureux à cause du doute ».

« Faire la planche sur le fleuve du Temps ».

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« C’est dans les larmes qu’on parvient à la géométrie ».

« Aux gens normaux le miracle est interdit ».

« Il suffit de voir qui réussit, et auprès de qui, pour être rassuré et encouragé ».

« Nous vivons, en ce temps, sous la théocratie de l’argent ; et malgré soi on sacrifie de façon permanente à ce culte hideux ».

« D’ailleurs c’est bien simple : ou bien les hommes sont ouverts, autrement dit infinis, ou bien ils sont fermés, finis, et dans ce cas on peut les empiler. Ou en faire n’importe quoi ».

« Nous qui avons une patte restée coincée dans le tiroir de l’adolescence, nous en garderons toujours, sous nos rides, quelque chose ».

« D’abord la sensation est souveraine, ensuite le tableau est souverain. Entre ces deux souverainetés, il y a la révolution ».

« Dieu est éternel, le diable est sempiternel ».


 « En matière de peinture, la lumière n'a rien à voir avec l’éclairage ».

« Quand son corps devient infréquentable, il convient de le servir poliment, juste ce qu’il demande, et de penser à autre chose, avec enthousiasme ».

« Les visages : des ampoules électriques plus ou moins allumées ».

« Les gens de la rue sont des bouteilles, des quilles, les automobiles des savons échappées de mains maladroites ; Dieu que le monde est beau ! »

« Monsieur Pomarède, mon voisin retraité de la rue des Cascades, me voyant porter un châssis, me dit : « Vous faites de la peinture, c’est bien, ça occupe ! »

 

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« Une forme doit avoir les yeux ouverts et le cul fermé ».

« Je me bats, et il est normal qu’à la guerre on prenne des coups ».

« Ajouter ne serait-ce que sur 10cm2 un peu de beauté au monde, ce qui diminuera d’autant et probablement bien plus de sa laideur ».

« Si l’on tue en soi-même l’espérance du Paradis, on n’hérite que de l’Enfer. C’est, me semble-t-il, le choix de notre civilisation ».

« La foi en le vraisemblable ne nous sauvera pas de grand-chose ».

« Votre société s’ingénie à rendre le désespoir attrayant ».
 
« La mort, ma mort, je veux la faire chier un max à attendre devant ma porte, à piétiner le paillasson. Mais quand il sera manifeste que le temps est venu de la faire entrer, je lui offrirai le thé et la recevrai cordialement ».

« Je suis un chiffon sale présentement dans la machine à laver. Lâche, hypocrite, flagorneur, luxurieux, cédant au moindre zéphyr de mes désirs et tentations diverses, comptant sur un sourire et mes acquiescements pour conquérir quelques cœurs utiles (et cela enfant déjà pour « m’en tirer » !). La machine à laver à de quoi faire. Mieux vaut tard que jamais."

Le 4 septembre 1993, et ce fut sa dernière inscription, Thierry Vernet notait enfin ceci : « Je peins ce que je crois avoir vu. 4/5 de mon élan m’attache à notre vie et à tout ce qu’elle nous donne de merveilleux, mais 1/5 m’attire vers la vie éternelle d’où tant de bras se tendent pour m’accueillir."

vernet

                                             Thierry Vernet, à droite, avec Nicolas Bouvier


(J'emprunte l'essentiel de ce texte sur l'excellent site de Jean-Louis Kuffer : http://carnetsdejlk.hautetfort.com/apps/search/?s=vernet

Published by Nouvelles du silence - dans Peinture
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 04:53

 

On fait une distinction entre les jours. La nuit, elle, n'a qu'un nom.

                                                          *

Ces âmes de vers de terre, comment leur faire comprendre qu'il importe de mépriser l'argent, même quand on en a besoin?

                                                           *

Celui qui se transforme beaucoup a besoin de beaucoup de préjugés. S'il s'agit d'un homme bien vivant, ceux-ci ne le dérangent guère; qu'on le juge à ses vibrations et non au poids de ses certitudes.

 

                                                           *

Chacun est nommé gardien de plusieurs vies et malheur à lui, s'il ne trouve pas ceux dont il a la charge. Malheur à lui s'il garde mal ceux qu'il a trouvés.

                                                           *

Il se console de son manque de succès par sa pureté.


                                                           *
Je veux mourir, dit-elle, et, d'un trait, elle but dix hommes.

                                                           *

Il parlait toujours d'amour et ne se laissait approcher par personne.

                                                           *

S'étonner de chaque vie : est-ce cela, la compassion?

                                                           *

On reproche aux autres leur différence comme s'il s'étaient engagés à être pareils.

                                                           *

C'est au milieu de nombreux croyants qu'il a le plus de peine à croire.

                                                           *

Il tendit l'autre joue si longtemps qu'on y épingla une décoration.

                                                           *

Joubert, le plus léger, le plus délicat des moralistes français, celui qui m'est le plus cher.

                                                           *

Il se saoule des défauts des autres : un poivrot de la morale!

                                                            *

Il y a des inimitiés dont il ne faut pas se priver. Se taire, c'est se corrompre.

                                                           *

(...) Je ne hais pas ce que je sais, mais d'habiter dedans.

                                                           *

Le battement des coeurs qui sont morts trop tôt : à leur place, la nuit, bat ton propre coeur.

                                                           *

Trop de chemins dans le langage : tout est tracé d'avance.


                                                           *

Sans les livres, les joies pourrissent.


                                                           *

Il cultive de la canne à sucre sur son amertume et vend la récolte suspecte au plus haut prix.

                                                           *

Combien de lectures ne s'épargnerait-on pas, si l'on connaissait plus tôt leurs auteurs! Peut-être toute lecture?

                                                          *

Parvient-on à la tranquillité par la précision? Celle-ci ne correspond-elle pas justement à la plus grande inquiétude?


                                                         *

Deux sortes d'esprit : ceux qui s'installent dans les blessures et ceux qui s'installent dans les maisons.

                                                         *

Peut-être n'existe-t-il pas un seul homme digne d'avoir un enfant?

                                                         *

 

Fatigué de tout ce qui ne s'est pas produit.

                                                         *

 

Ses grands livres sacrés qu'il ne connaît pas.Tellement sacrés qu'il n'ose pas les ouvrir.

                                                          *

(...) Il aurait donné sa vie pour s'alourdir d'une phrase qui fût de lui! Sa vie, oui, car alors il n'eût plus souhaité mourir. Mais il ne lui fut pas donné de découvrir des phrases à lui.(...) [A propos de Klaus Mann]

                                                         *

Des philosophes dans lesquels on s'éparpille : Aristote. Des philosophes qui permettent de dominer : Hegel.
Des philosophes pour se gonfler : Nietzsche.
Pour respirer : Tchouang Tseu.

                                                          *

Je ne peux plus rien lire sur une peuplade primitive. Je suis moi-même toute une peuplade primitive

                                                        
canetti elias1

(Extraits de Le territoire de l'Homme et de le Coeur secret de l'horloge, Réflexions 1942-1985)
Prix Nobel de Littérature en 1981.
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Elias_Canetti

 

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 04:49
 


Extrait du ventre de l'Architecte, de Peter Greenaway
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 04:20


Quelqu'un qui lit n'aura jamais d'"auteur préféré"

                                                     *

Quelqu'un comme Ernst Jünger a certainement surmonté la peur de la mort ("c'est à dire : résolu  de ne plus se livrer à elle"); et qu'a-t-il gagné par là? Complaisance à l'égard de soi-même et fatuité de qui se croit élu

 
                                                     *

Elle se mouvait dans son corps nu comme dans un uniforme


                                                     *

Le mendiant le fit penser à lui-même; aussi ne lui donna-t-il rien

                                                     *

Comme toujours chacun était tout prêt à se laisser convaincre de mépriser quelque chose qu'on aurait fort bien pu aimer

                                                     *

Les hommes bons devraient se montrer plus souvent et plus régulièrement

                                                     *

"Les Mots" de Sartre : la bourgeoisie et ses fils et filles totalement dépourvus d'amour, des "je-sais-tout" qui ne se laissent prendre que par une ironie calomniatrice devenus écrivains : l'emporteront-ils toujours?

                                                    *

Le soir je mis un point d'interrogation derrière la phrase du matin


                                                    *

Il pensa "je n'y arrive plus" et continua

                                                    *


Ecrire quelque chose dont personne ne pourra demander "Qu'est ce que cela veut dire?" et qui en même temps reste tout à fait énigmatique

                                                    *


Pris dans le bavardage, je voyais le crayon sur la table : c'était le vaisseau spatial qui allait m'emporter

                                                    *

Que de choses ressemblent à ce qu'on cherche quand on cherche quelque chose

                                                    *

Les lucioles, c'était "juin" et maintenant cette centaine de guêpes sur une pomme écrasée : "septembre"


                                                    *


Elle entendit sa musique idéale : les battements de coeur de l'autre

                                                    *

Je me souviens d'un instant de tendresse, il y a longtemps - or c'était aujourd'hui même

                                                    *

Aux moineaux on peut dire : "adorables"

                                                    *


Il pensa " sans religion on est perdu" et fut satisfait comme s'il en avait une


                                                    *

"Jusqu'à ce que la forme, pour signe de son accomplissement, ait l'éclat de l'inéluctable" ( Hölderlin, je le crois quoi qu'il dise)

 

(Extraits de l'Histoire du crayon, 1976-1980)

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 04:51




Published by - dans Epoque
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 04:25

 


Olivier Clément (né en 1921, mort en 2009) est l'un des plus grands, et sans doute le plus inspiré des théologiens chrétiens du XX éme siècle...
 
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 08:11
L'horreur
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 04:50
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